dimanche 20 juin 2010

Concevoir des politiques de déplacements : l'expérience du GART (1980-2010)

Le GART fête en 2010 ses 30 ans. J'ai eu l'honneur de débuter ma vie professionnelle au sein de cette association d'élus qui fédère plus de 270 autorités organisatrices de transports. J'y ai suivi durant un peu plus de deux ans les questions d'urbanisme et de transports de marchandises (fret ferroviaire, logistique urbaine). Au service d'élus en charge de la définition des politiques de déplacements urbains, j'ai découvert une communauté professionnelle, les "transports", bien mieux structurée que celle de l'urbanisme. Le poste que j'ai occupé correspondait justement à assurer une interface entre ces deux dimensions. Le film réalisé par le GART pour ses 30 ans évoque notamment cette indispensable articulation entre transports et urbanisme.



Au GART (sur mon CV) :

Chargé des questions d'urbanisme au sein du pôle Environnement, Aménagement, Marchandises

- préparation de prises de position pour les élus (Grenelle de l’Environnement 2007, lien COMOP 7 et 9),

- participation au programme national Transports de Marchandises en Ville (CERTU)

- participation à des groupes de travail sur le management de la mobilité (MEEDDM/CERTU, jury PREDIT, FNAU, ADEME)

- participation aux groupes de travail sur la révision du Plan de Déplacements Urbains de la Région Île-de-France.

- Conception et organisation de colloques (Transports et déplacements au sein des espaces touristiques) et d’ateliers pour le congrès du GART (Clermont-Ferrand, 2007).

- Formateur pour l’Ecole Nationale des Ponts et Chaussées (évaluation des PDU, 2008; intervention dans le cas du Master Ferroviaire, 2009), l’Ecole Nationale des Travaux Publics de l’Etat (cours en Master TURP), le Centre National de la Fonction Publique Territoriale (session de formation sur l’agenda 21 de la communauté d’agglomération de Rouen, janvier 2008)


Publications :

- « Urbanisme commercial et politiques de déplacements. Jalons pour un aménagement économique durable », (avec Claire DAGNOGO), Collection « Mobilité durable » du GART, février 2008 / étude téléchargeable à l'adresse:

- « Les plans de déplacements urbains à la recherche d’un second souffle » (avec Chantal DUCHENE), TEC, N° 198, juin 2008, (Mobilité urbaine durable), revue éditée par l’association pour le développement des techniques de transport, d’environnement et de circulation (ATEC) > Article téléchargeable ici

- « Politique cyclable : quelle plus-value communautaire ? », in Intercommunalités n°122, avril 2008.

vendredi 18 juin 2010

Optimisation des dépenses publiques locales : la contribution de l'intercommunalité


A de nombreuses reprises, notamment dans ses réponses à des rapports de la Cour des Comptes, l’AdCF a souligné la nécessité d’analyser la progression des dépenses locales en la corrélant au PIB. La fédération nationale des élus de l'intercommunalité notait ainsi : "L’intérêt du diagnostic livré par le tout récent rapport Carrez est non seulement d’introduire cette référence au PIB mais également de procéder à un retraitement des données de la compatibilité publique pour neutraliser les doubles comptes qui résultent des flux internes nombreux du bloc communal (communes-communautés-syndicats). En effectuant ce travail, le rapport conclut à une progression de plus d’un point de PIB des dépenses du secteur communal dans la première décennie de la décentralisation mais à la stabilité voire à la légère baisse de ce poids relatif dans le PIB des dépenses du bloc communal depuis 1994." Tel est l'objet du message adressé aux sénateurs ces jours ci par l'association d'élus.

dimanche 6 juin 2010

"Grand Paris : l'impasse du grand soir institutionnel", par Daniel Béhar et Philippe Estèbe

Dans la revue Esprit, nous signalons une tribune de Daniel Béhar (Institut d'Urbanisme de Paris) et Philippe Estèbe (Sciences Po Paris) sur le thème de la gouvernance métropolitaine de la région capitale. A lire ici, sur le site Internet d'ACADIE :

mercredi 2 juin 2010

Développement économique : quelles stratégies intercommunales pour demain?

Compétence obligatoire pour toutes les communautés, l’acception du développement économique local n’a cessé d’évoluer ces dernières années : au delà de l’accueil physique des entreprises, ont été conduites, dans le cadre de véritables projets de territoire, des actions en faveur de l’économie solidaire, de l’insertion, du développement touristique ou de la gestion territoriale de l’emploi et des compétences. La montée en puissance progressive des communautés ainsi que la diversification de leurs modes d’intervention dans ce domaine constituent aujourd’hui deux tendances majeures ; si bien que plus d’une décennie après le vote de la loi Chevènement, l’intercommunalité s’est imposée comme l’autorité organisatrice du développement économique local.
Une journée organisée prochainement au Sénat par l'AdCF et l'Institut Supérieurs des Métiers sera l'occasion de mesurer cet engagement. La question des complémentarités entre l’intercommunalité et les établissements consulaires(CCI, Chambres de métiers et de l’artisanat) fera également partie de la discussion.
Ces échanges se dérouleront en présence de responsables locaux et de parlementaires, avec en « toile de fond » les débats sur la clarification des compétences des collectivités territoriales.
Seront examinés et discutés les incidences des mutations économiques et fiscales sur les territoires. En effet, l’impact de la crise économique sur nos bassins d’emploi et le remplacement de la taxe professionnelle induiront probablement des réorientations stratégiques significatives à l’échelle locale.
A ce titre, le colloque sera également l'occasion de faire réagir des responsables politiques sur les premiers enseignements de l'étude de Laurent Davezies conduite à la demande de l'Institut CDC pour la recherche de la Caisse des Dépôts et l'AdCF dans le cadre de leur "observatoire de la crise".

mercredi 26 mai 2010

Aéroville ou quand les aéroports génèrent de l’étalement urbain








Je signale un article de "Clm", urbaniste qui voyage dans le monde entier pour étudier les plans de développement des aéroports et leurs modèles d'insertion territoriale.

Il analyse la pertinence du projet de construction d’un centre-commercial à proximité immédiate de l’aéroport de Paris – Charles de Gaulle. Unibail-Rodamco est le promoteur de ce projet et ambitionne, selon Le Parisien, « d’installer une véritable ville à deux pas des pistes de l’aéroport Charles-de-Gaulle ».

Le contexte territorial :

Pour rappel, l’aéroport de Paris – Charles de Gaulle est situé à vingt-cinq kilomètres au nord-est de Paris en limite des espaces urbanisés continus de l’agglomération parisienne. Au-delà, c’est un paysage périurbain qui s’étale, alternant lotissements et espaces agricoles.

S'appuyant sur Google Earth, notre urbaniste observe que l’espace concerné par le projet, entre Roissy-en-France et Tremblay-en-France, est encore relativement épargné par l’urbanisation ; et note à juste titre qu'i

l existe déjà dans le secteur, le Centre commercial O’Parinor situé à Aulnay-Sous-Bois (220 boutiques). À Villepinte, Paris Nord 2 accueille également Ikea et Usines center et de nombreuses boutiques associées.

"Alors que l’aéroport de Paris-Charles-de-Gaulle génère à lui seul un trafic routier responsable en partie de la saturation des autoroutes A1, A3 et A104, Unibail-Rodamco vient créer du trafic supplémentaire sur un territoire déjà saturé par les infrastructures de transport et la présence immédiate de 3200 hectares de zone aéroportuaire.

La communication n’étant jamais loin, le promoteur survend ses quelques rustines techniques environnementales à coup de panneaux photovoltaïques, de certification technique environnementale et d’une (très légère) limitation du nombre de places de parking (4000 au lieu de 4700). Bien loin des ambitions du Grand Paris ou du Grenelle de l’environnement, ce projet enfonce encore le Nord de l’agglomération parisienne dans une logique monofonctionnelle d’asservissement pour les territoires voisins et les passagers".

Et d'interroger : "Où sont les urbanistes ?"

L'article de Clm est accessible sur son propre blog : http://urbanisme.over-blog.net


dimanche 16 mai 2010

Le projet du grand Paris peut il ignorer la question sociale ? Tribune de Daniel Béhar dans la revue Esprit

Pour Daniel Béhar, urbaniste consultant (ACADIE), professeur associé à l’Institut d’Urbanisme de Paris, la "question sociale métropolitaine", telle que posée par les enjeux urbains du Grand Paris, "exige de revisiter le mode de traitement urbain consacré. Il n’est plus possible de s’en tenir à l’héritage conceptuel de Banlieues 89, c’est-à-dire l’alliance d’une rhétorique de l’égalité urbaine, du transfert du monumental et des attributs de l’urbanité du centre vers la banlieue et d’interventions techniques concentrées sur le désenclavement physique des quartiers déshérités."

Dans une tribune publiée dans la revue Esprit, Daniel Béhar explique pourquoi la puissance publique (Etat et collectivités locales) "ne plus raisonner en termes d’égalité statique entre les territoires, mais davantage à penser la question des conditions d’accès pour tous aux fonctions métropolitaines. En effet, le processus de métropolisation est marqué par une déconnexion croissante entre la « métropole mondialisée » et la métropole du quotidien. Le Grand Paris est moins structuré par une dualité centre/périphérie que par la superposition de l’archipel des excellences métropolitaines et de l’ordinaire du tissu urbain. Autrement dit, il s’agit moins aujourd’hui de rééquilibrer – sur un plan horizontal – un centre et une périphérie, que de connecter – sur un plan vertical – le global et le local. Cela ne passe pas seulement par l’organisation des infrastructures de déplacement, mais plus globalement par une conception nouvelle du fonctionnement urbain."

Associé à l’équipe de l’architecte-urbaniste Christian de Portzamparc dans le cadre de la consultation internationale du Grand Paris, Daniel Béhar n’hésite pas à s’écarter des discours dominants : pour le chercheur, "il y a lieu de réfléchir à ce que pourrait être un modèle de métropole attractive pour les couches populaires qui aujourd’hui, quand elles le peuvent, la fuient." Et d’interroger : "L’injonction au développement durable doit-elle se traduire impérativement par un modèle unique, celui de la ville dense et compacte ? Ce modèle est-il en mesure de répondre à toutes les attentes sociales ?"

> Retrouver l’intégralité de la tribune, mise en ligne au format PDF sur le blog de Pierre Mansat, Paris métropole fédérée.


samedi 15 mai 2010

Les territoires dans la crise : un bilan provisoire

« L’Observatoire des impacts territoriaux de la crise » mis en place début 2009 par l’AdCF et l’Institut pour la recherche de la Caisse des Dépôts et Consignations a livré en mars dernier ses premières conclusions. Confiée à l’économiste Laurent Davezies, chercheur et expert indépendant (L’Oeil), l’étude des impacts de la crise économique de 2008-2009 sur les zones d’emplois françaises permet déjà de dégager quelques grands enseignements, à partir de données statistiques des trois derniers semestres de 2008-2009 (UNEDIC, DARES, INSEE, Banque de France).

Contrairement à ce qu’il s’était produit au cours de la crise immobilière de 1991-1993 et de la récession de 1993-1994, les principales aires métropolitaines françaises et la région Île-de-France semblent avoir bien tenu le choc pour l’instant. « Les territoires productifs les plus modernes, dotés des activités à haute valeur ajoutée, s’en sont généralement mieux sortis que les autres. L’Ile-de-France, qui jusqu’alors amplifiait les retournements conjoncturels, semble désormais mieux les amortir », note Laurent Davezies.

A contrario, les territoires « manufacturiers » des régions industrielles, situés pour l’essentiel dans la partie Nord du pays, souvent éloignés des grandes agglomérations, ont subi de plein fouet l’impact des fermetures d’établissements et des contractions d’effectifs (notamment avec les ajustements opérés sur les postes intérimaires). En territorialisant les données de la DARES et de Pôle Emploi, le rapport provisoire montre que ces bassins d’emploi très spécialisés enregistrent en moyenne une variation de +43% de leur taux de chômage. Très marqués par les sinistres économiques et les destructions d’emploi, ces bassins d’activités traditionnelles disposent en outre d’amortisseurs plus faibles (consommation touristique, base publique, économie résidentielle…) que d’autres zones d’emploi. Ils risquent en outre de subir une « double peine » avec les conséquences financières qu’aura le remplacement de la taxe professionnelle dans les budgets des collectivités de ces bassins. L'excellent média Localtis a d'ailleurs choisi "d'angler" son article sur cet aspect du rapport.

Moins exposés, excepté sur le plan du tourisme international, les territoires résidentiels traversent sans trop de difficultés apparentes cette crise. « Les chocs sur le tourisme, l’immobilier, la construction (…), les ont certes affectés, mais n’ont pas empêché qu’une grande partie du Sud et de l’Ouest du pays, spécialisés dans la réponse à le demande des ménages, n’a finalement que peu souffert de ces deux années de crise « exceptionnelle ».

Prudent dans ses conclusions, encore provisoires, Laurent Davezies devrait restituer une version plus aboutie du rapport, étayée avec les chiffres de l’ensemble de l’année 2009 sur l’emploi (dès que ceux-ci seront disponibles). Pour autant, ces premiers résultats confirment la robustesse de la grille de lecture présentée par l’expert en 2003 à la Caisse des Dépôts et à la DATAR sur les différents moteurs du développement territorial de nos zones d’emploi : productif, public, résidentiel, et social.

A l'inverse, la presse nationale s'est "emparé" fin mars sans précautions de ces résultats pour les rapprocher de ceux des élections régionales... A voir un article de La Tribune, où Laurent Davezies est interviewé.