dimanche 20 juin 2010
Concevoir des politiques de déplacements : l'expérience du GART (1980-2010)
vendredi 18 juin 2010
Optimisation des dépenses publiques locales : la contribution de l'intercommunalité

dimanche 6 juin 2010
"Grand Paris : l'impasse du grand soir institutionnel", par Daniel Béhar et Philippe Estèbe
mercredi 2 juin 2010
Développement économique : quelles stratégies intercommunales pour demain?
mercredi 26 mai 2010
Aéroville ou quand les aéroports génèrent de l’étalement urbain

Je signale un article de "Clm", urbaniste qui voyage dans le monde entier pour étudier les plans de développement des aéroports et leurs modèles d'insertion territoriale.
Il analyse la pertinence du projet de construction d’un centre-commercial à proximité immédiate de l’aéroport de Paris – Charles de Gaulle. Unibail-Rodamco est le promoteur de ce projet et ambitionne, selon Le Parisien, « d’installer une véritable ville à deux pas des pistes de l’aéroport Charles-de-Gaulle ».
Le contexte territorial :
Pour rappel, l’aéroport de Paris – Charles de Gaulle est situé à vingt-cinq kilomètres au nord-est de Paris en limite des espaces urbanisés continus de l’agglomération parisienne. Au-delà, c’est un paysage périurbain qui s’étale, alternant lotissements et espaces agricoles.
S'appuyant sur Google Earth, notre urbaniste observe que l’espace concerné par le projet, entre Roissy-en-France et Tremblay-en-France, est encore relativement épargné par l’urbanisation ; et note à juste titre qu'i
l existe déjà dans le secteur, le Centre commercial O’Parinor situé à Aulnay-Sous-Bois (220 boutiques). À Villepinte, Paris Nord 2 accueille également Ikea et Usines center et de nombreuses boutiques associées.
"Alors que l’aéroport de Paris-Charles-de-Gaulle génère à lui seul un trafic routier responsable en partie de la saturation des autoroutes A1, A3 et A104, Unibail-Rodamco vient créer du trafic supplémentaire sur un territoire déjà saturé par les infrastructures de transport et la présence immédiate de 3200 hectares de zone aéroportuaire.
La communication n’étant jamais loin, le promoteur survend ses quelques rustines techniques environnementales à coup de panneaux photovoltaïques, de certification technique environnementale et d’une (très légère) limitation du nombre de places de parking (4000 au lieu de 4700). Bien loin des ambitions du Grand Paris ou du Grenelle de l’environnement, ce projet enfonce encore le Nord de l’agglomération parisienne dans une logique monofonctionnelle d’asservissement pour les territoires voisins et les passagers".
Et d'interroger : "Où sont les urbanistes ?"
L'article de Clm est accessible sur son propre blog : http://urbanisme.over-blog.net
dimanche 16 mai 2010
Le projet du grand Paris peut il ignorer la question sociale ? Tribune de Daniel Béhar dans la revue Esprit
Pour Daniel Béhar, urbaniste consultant (ACADIE), professeur associé à l’Institut d’Urbanisme de Paris, la "question sociale métropolitaine", telle que posée par les enjeux urbains du Grand Paris, "exige de revisiter le mode de traitement urbain consacré. Il n’est plus possible de s’en tenir à l’héritage conceptuel de Banlieues 89, c’est-à-dire l’alliance d’une rhétorique de l’égalité urbaine, du transfert du monumental et des attributs de l’urbanité du centre vers la banlieue et d’interventions techniques concentrées sur le désenclavement physique des quartiers déshérités."
Dans une tribune publiée dans la revue Esprit, Daniel Béhar explique pourquoi la puissance publique (Etat et collectivités locales) "ne plus raisonner en termes d’égalité statique entre les territoires, mais davantage à penser la question des conditions d’accès pour tous aux fonctions métropolitaines. En effet, le processus de métropolisation est marqué par une déconnexion croissante entre la « métropole mondialisée » et la métropole du quotidien. Le Grand Paris est moins structuré par une dualité centre/périphérie que par la superposition de l’archipel des excellences métropolitaines et de l’ordinaire du tissu urbain. Autrement dit, il s’agit moins aujourd’hui de rééquilibrer – sur un plan horizontal – un centre et une périphérie, que de connecter – sur un plan vertical – le global et le local. Cela ne passe pas seulement par l’organisation des infrastructures de déplacement, mais plus globalement par une conception nouvelle du fonctionnement urbain."
Associé à l’équipe de l’architecte-urbaniste Christian de Portzamparc dans le cadre de la consultation internationale du Grand Paris, Daniel Béhar n’hésite pas à s’écarter des discours dominants : pour le chercheur, "il y a lieu de réfléchir à ce que pourrait être un modèle de métropole attractive pour les couches populaires qui aujourd’hui, quand elles le peuvent, la fuient." Et d’interroger : "L’injonction au développement durable doit-elle se traduire impérativement par un modèle unique, celui de la ville dense et compacte ? Ce modèle est-il en mesure de répondre à toutes les attentes sociales ?"
samedi 15 mai 2010
Les territoires dans la crise : un bilan provisoire
« L’Observatoire des impacts territoriaux de la crise » mis en place début 2009 par l’AdCF et l’Institut pour la recherche de la Caisse des Dépôts et Consignations a livré en mars dernier ses premières conclusions. Confiée à l’économiste Laurent Davezies, chercheur et expert indépendant (L’Oeil), l’étude des impacts de la crise économique de 2008-2009 sur les zones d’emplois françaises permet déjà de dégager quelques grands enseignements, à partir de données statistiques des trois derniers semestres de 2008-2009 (UNEDIC, DARES, INSEE, Banque de France).
Contrairement à ce qu’il s’était produit au cours de la crise immobilière de 1991-1993 et de la récession de 1993-1994, les principales aires métropolitaines françaises et la région Île-de-France semblent avoir bien tenu le choc pour l’instant. « Les territoires productifs les plus modernes, dotés des activités à haute valeur ajoutée, s’en sont généralement mieux sortis que les autres. L’Ile-de-France, qui jusqu’alors amplifiait les retournements conjoncturels, semble désormais mieux les amortir », note Laurent Davezies.
A contrario, les territoires « manufacturiers » des régions industrielles, situés pour l’essentiel dans la partie Nord du pays, souvent éloignés des grandes agglomérations, ont subi de plein fouet l’impact des fermetures d’établissements et des contractions d’effectifs (notamment avec les ajustements opérés sur les postes intérimaires). En territorialisant les données de la DARES et de Pôle Emploi, le rapport provisoire montre que ces bassins d’emploi très spécialisés enregistrent en moyenne une variation de +43% de leur taux de chômage. Très marqués par les sinistres économiques et les destructions d’emploi, ces bassins d’activités traditionnelles disposent en outre d’amortisseurs plus faibles (consommation touristique, base publique, économie résidentielle…) que d’autres zones d’emploi. Ils risquent en outre de subir une « double peine » avec les conséquences financières qu’aura le remplacement de la taxe professionnelle dans les budgets des collectivités de ces bassins. L'excellent média Localtis a d'ailleurs choisi "d'angler" son article sur cet aspect du rapport.
Moins exposés, excepté sur le plan du tourisme international, les territoires résidentiels traversent sans trop de difficultés apparentes cette crise. « Les chocs sur le tourisme, l’immobilier, la construction (…), les ont certes affectés, mais n’ont pas empêché qu’une grande partie du Sud et de l’Ouest du pays, spécialisés dans la réponse à le demande des ménages, n’a finalement que peu souffert de ces deux années de crise « exceptionnelle ».
Prudent dans ses conclusions, encore provisoires, Laurent Davezies devrait restituer une version plus aboutie du rapport, étayée avec les chiffres de l’ensemble de l’année 2009 sur l’emploi (dès que ceux-ci seront disponibles). Pour autant, ces premiers résultats confirment la robustesse de la grille de lecture présentée par l’expert en 2003 à la Caisse des Dépôts et à la DATAR sur les différents moteurs du développement territorial de nos zones d’emploi : productif, public, résidentiel, et social.
A l'inverse, la presse nationale s'est "emparé" fin mars sans précautions de ces résultats pour les rapprocher de ceux des élections régionales... A voir un article de La Tribune, où Laurent Davezies est interviewé.