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samedi 1 août 2009

Le paradigme de l'asphalte vu du ciel

Je recommande aux passionnés de photo et d'urbanisme de faire l'acquisition de l'ouvrage magnifique de Alex MacLean. Ce livre est le parfait complément à Amérique, oeuvre mythique de Jean Baudrillard. Pour vous faire une idée, lire la critique du blog "La Recherche".

Over. Visions aériennes de l'American Way of Life : une absurdité écologique



samedi 27 juin 2009

En piochant dans ma bibliothèque...






Jacques Donzelot, Catherine Mével, Anne Wyvekens, Faire société. La politique de la ville aux États-Unis et en France, Seuil, 2003, 366 pages.




En quelques mots : un ouvrage qui sort des sentiers battus en abordant le débat people versus place (faut-il soigner les gens ou les lieux?) sous l'angle du comparatisme France-Etats-Unis. Une analyse incisive sur les insuffisances de notre "politique de la Ville" dont la géographie prioritaire est sur le point d'être réformée (j'y reviendrai prochainement) par la Secrétaire d'Etat Fadela Amara (pourtant "pur produit" de cette politique).





David Mangin, La ville franchisée. Formes et structures de la ville contemporaine, Éditions de la Villette, Paris, 2004. 480 pages,
dont on pourra lire une analyse critique de Marc Dumont, "Quel urbanisme pour la ville générique ?" in Revue Espaces-temps.
http://www.espacestemps.net/document992.html


En quelques mots : Le Grand prix de l'urbanisme 2008 a accumulé une quantité impressionnante de références bibliographiques pour étayer son analyse saisissante des nouvelles dynamiques urbaines des 30 dernières années. Un livre absolument indispensable dont on devrait rendre la lecture obligatoire pour préparer la rentrée des étudiants dans nos Instituts d'Urbanisme.








Paradis infernaux. Les villes hallucinées du néo-capitalisme. Mike Davis, Daniel Bertrand Monk. Éditeur : Les prairies ordinaires



Série d'études urbaines saisissantes sur Le Caire, Pékin, Johannesburg, Dubaï, Kaboul, Managua, etc., Paradis infernaux pourrait être l'anti-guide des «mondes de rêve» engendrés par le capitalisme contemporain. De la désormais classique gated community de l'Arizona aux camps retranchés de Kaboul, en passant par la Californie de synthèse importée à Hong-Kong et ailleurs, ou par la spectacularisation architecturale de Pékin à l'ère néolibérale, l'imaginaire qui préside à ces nouvelles formes d'utopie est celui de l'enrichissement sans limites, de l'hyperbole constante, des dépenses somptuaires, de la sécurité physique absolue, de la disparition de l'État comme de tout espace public, de l'affranchissement intégral des liens sociaux préexistants… Mais cette débauche réservée aux riches ne donne lieu à aucune expérience réelle; elle est tout entière branchée sur les objets-fétiches de la fantasmagorie mondiale, harnachée aux mêmes idéaux figés du marché global. L'absence d'horizon qui caractérise notre monde se redouble, dans ces outre-mondes, d'une violence faite aux pauvres, massés, toujours plus nombreux, derrière les frontières visibles ou invisibles qui chaque jour transforment un peu plus le territoire des riches en autant de citadelles néo-féodales enclavées au coeur de notre modernité.

Lire la critique de Mathieu Fonvieille sur Non Fiction :

En quelques mots : ouvrage effectivement inégal (voir la critique de Mathieu Fonvieille) mais qui encouragera sans doute le lecteur à se précipiter sur l'oeuvre déjà prolifique de Mike Davis dont les analyses terrifiantes de Los Angeles valent le détour : City Of Quartz et Au delà de Blade Runner. Los Angeles et l'imagination du désastre.




vendredi 9 janvier 2009

Les terroirs durables, selon des gascons


Je reproduis ici "le 1er Ego du J'Go de 2009", petit billet d'humeur d'amis toulousains (désormais bien implantés à Paris). Le fondateur de cette véritable ambassade gasconne, Denis Melliet, est un homme généreux qui sait vous recevoir avec une bonne assiette de jambon de porc noir de Bigorre (et d'excellents vins) pour vous parler de terroir et de ferias. Je recommande aussi le cassoulet de sa maman, que l'on peut déguster Au bon vivre, place Wilson à Toulouse.



Indice géographique perturbé

N’en déplaise aux fâcheux qui remettent en cause leur légitimité, les labels alimentaires servent loyalement ceux qui travaillent la terre, élèvent des bêtes et pressent le raisin. En garantissant la provenance, la qualité et le mode de fabrication des produits, ils permettent au consommateur de se payer un luxe rare de nos jours : savoir ce qu’il mange. Certains labels, avouons-le, ont pourtant peu d’intérêt. C’est le cas de celui qui régit les yeux de velours (le label de Cadix), du label poilu qui garantit la qualité des deuxièmes et troisièmes lignes (le label à tifs Benazzi), de celui qui protège les forêts du sultan (le label aux bois d’Oman), du label international qui garantit l’authenticité des cascades au cinéma (le label mondo), du label grec qui atteste des vertus des poires au chocolat (le label hellène), et de celui qui regroupe les chants révolutionnaires transalpins entonnés a mobylette (le label à ciao). Tous les autres sont en revanche indispensables, à commencer par l’Indice Géographique Protégé qui interdit de produire du jambon de Bayonne à Perros-Guirec, de cultiver l’ail rose de Lautrec à Istanbul ou d’affiner le Parmesan à Reykjavík. Je ne vois pas ce qu’il y a de choquant là-dedans. Si l’on remet tout cela en question, pourquoi dès lors ne pas faire passer le tour de France par le Royaume-Uni ou courir le Dakar entre Buenos Aires et Valparaiso ? Soyons sérieux.
Plus sérieusement encore, je recommande la lecture de ce remarquable article de Christian Brodhag, ancien délégué interministériel au développement durable, intitulé "agriculture durable, terroirs et pratiques alimentaires", article repris dans le Courrier de l’environnement de l’INRA n°40, juin 2000

lundi 22 septembre 2008

Bref échange avec Jean Nouvel, sur le quai de la Gare de Nîmes, au lendemain de la Feria des vendanges


Jean Nouvel, architecte de renommée internationale, est également un aficionado. Celui qui est parvenu au sommet en 2008 en recevant le
prix Pritzker, récompense que l'on peut apparenter au prix Nobel d'architecture, a signé une affiche dédiée à l'une des deux corridas événement de cette Feria des Vendanges, à Nîmes. Il s'agit de la corrida de samedi dernier au cours de laquelle le torero français Sébastien Castella a affronté, seul, 6 toros ("corrida réplique" de la veille où El Juli, avec un autre style et une maîtrise implacable, a triomphé pour mon plus grand plaisir). Ce samedi 20 septembre, les aficionados avaient pu apercevoir Jean Nouvel dans les tribunes des arènes au moment où Sébastien Castella lui a "brindé" un de ses taureaux, en lui confiant sa montera.


Nîmes, lundi 22 septembre, 9h45. Je suis sur le point d'embarquer à bord d'un TGV à destination de Paris.
L'été est révolu.

Alors que je suis en train de repérer ma voiture sur le quai, j'aperçois une silhouette familière, celle de Jean Nouvel, tout de noir vêtu, jusqu'au couvre-chef. Il a visiblement ramené un souvenir de la cité d'Auguste (probablement un tableau). Je l'aborde tranquillement, me présente: "Olivier Crépin, urbaniste de profession". Son regard s'anime. J'en arrive rapidement au Grand Paris, sujet que je connais bien, question épineuse sur laquelle le Président de la République l'a missionné aux côtés de 9 autres équipes d'architectes et d'urbanistes. Il m'avoue
qu'aujourd'hui, à l'heure de la complexité urbaine (et métropolitaine), il est "devenu impossible de dessiner une ville". Bel aveu pour un architecte qui passe la majeure partie de son temps à la conception architecturale et urbaine. Moins surprenant, car confirmant ce que je savais déjà, il déclare qu'à ses yeux la "gouvernance" n'est pas une priorité.

Je lui ai aussi confié que j'étais d'accord avec ses récentes prises de
position sur la densité urbaine à Paris intra muros : oui, il est possible de densifier sur le territoire de la commune de Paris, non seulement aux portes des arrondissements périphériques (comme Anne Hidalgo et Bertrand Delanoë l'entendent), mais aussi au dessus des infrastructures ferroviaires (dans le périmètre des gares de l'Est et du Nord, et en couvrant les faisceaux ferrés prolongeant ces deux hubs internationaux). Ce parti pris d'aménagement va manifestement à l'encontre des premières intentions formulées par d'autres équipes dans le cadre de la consultation élyséenne, le renforcement du polycentrisme étant devenu l'alpha et l'oméga de la justice territoriale en Île-de-France. Ce n'est pourtant pas raisonnable et pertinent lorsqu'on sait que Paris a perdu 300 000 emplois en 15 ans, et que dans l'immédiat, sans métro en rocade, la structure radiale des réseaux de transports collectifs ne peut répondre de manière efficace à cet étalement des emplois. Pourtant, malthusianisme économico-urbanistique et museïfication architecturalo-culturelle sont des alliés efficaces contre la vitalité du cœur de la métropole... et l'efficacité économique globale de la France (cf. Laurent Davezies, La République et ses territoires).


Puis, le TGV est arrivé en gare, a freiné dans un crissement massif, rendant la suite inaudible. Ce grand fracas nous invitait à rejoindre nos places respectives. Voilà donc comment cette journée a commencé : par une discussion sur le Grand Paris avec Jean Nouvel sur le quai de la gare de Nîmes, au retour de Feria.

samedi 28 juin 2008

Coup de coeur pour "Valse avec Bachir"


















Intelligent, stylé, sensible, original : une œuvre forte

Sélectionné au Festival de Cannes (et étrangement oublié par le palmarès), le film d'animation d'Ari Folman, "Valse avec Bachir", évoque les massacres de Sabra et Chatila perpétrés en septembre 1982 à Beyrouth-Ouest.

Voir les critiques de la presse (unanime)

vendredi 2 mai 2008

Victoires et déboires



















A retenir dans l’actualité tauromachique: deux nouveaux développements marquants pour l’afiçión française et un non-événement: les deux événements importants sont ceux de la nouvelle victoire judiciaire des aficionados de Rieumes face aux anti-taurins quant à la reconnaissance de la tradition taurine en région toulousaine et de la création de l’Observatoire des Cultures taurines. Le non-événement ? L’annonce (prévisible) de l’abandon de la Feria et des corridas par la nouvelle municipalité élue de Fenouillet, commune de l’agglomération toulousaine et arène de troisième catégorie…

L’actualité vient ainsi appuyer les analyses que j’avais menées dans le cadre de mon mémoire de fin d’études à Sciences Po Toulouse, recherche qui a donné lieu à un article dans la revue Sud-Ouest Européen (voir le résumé).

« Les associations anti-corridas sont en train d’être instrumentalisées par l’opposition municipale », me déclarait en entretien la directrice de cabinet du maire de Fenouillet, Gilles Broquère, en mars 2004. Depuis, les Ferias de Fenouillet et de Rieumes se sont poursuivies avec des hauts et des bas… Et récemment, donc, la Cour d'appel de Toulouse a jugé le 7 avril 2008 (une nouvelle fois) qu'une tradition ininterrompue de courses de taureaux peut être invoquée à Toulouse ainsi que dans sa région, à laquelle appartient la Commune de Rieumes. Il s'agit donc là, d'une grande victoire pour l'afiçión et pour le Club Taurin de Rieumes, en particulier, dont le Président, Yves Samyn, me confiait (toujours au printemps 2004, durant mon enquête) :

« En Haute-Garonne, les gens sont branchés cheval, et comme le public qui va voir les novilladas n’est pas du tout le même que celui qui assiste à la corrida de rejon, puisque ces derniers vont surtout voir le cheval, cela apporte quelque chose de supplémentaire (…) Entre Béziers, Arles, Dax et Toulouse, il y a attirance pour les cartels. On retrouve la tradition, la grosse machine de Toulouse. Les déçus de Fenouillet trouvent autre chose à Rieumes, la tauromachie humaine. A Toulouse on va voir des cartels, à Rieumes on vote ! On a une majorité de locaux aux novilladas. L’esprit de la novillada, c’est celui d’une équipe de cadets ou de juniors (…) Il s’agit de développer la culture taurine. Notre réussite passera par l’humain, et par l’éducation des gosses. Il faut créer la curiosité de l’art, du défi, de l’animal chez l’enfant (…) Chez nous à Rieumes, c’est le local, la placita, c’est notre creuset, on est dans un rayon de 50 km, pas plus… Toulouse et sa banlieue, Luchon, Saint Gaudens, Auch, il faut rester proche des toulousains, et il faut qu’ils restent à côté de chez nous… »


La réalité taurine de la proche région toulousaine ne peut guère s'affranchir des dynamiques de projets taurins conduits par les acteurs du mundillo et des élus à l'échelle locale, mais surtout de la reconnaissance juridique du périmètre légal de la corrida espagnole, et ce faisant, de la permanence d'une afición régionale. Ce travail de recherche universitaire avais ainsi mis en évidence l’évolution extensive et spatialisée de la notion juridique de tradition taurine, celle-ci marquant une territorialisation du droit. Depuis une trentaine d’années, le juge se fait en effet l’interprète de la pertinence des territoires de tradition taurine.

Au delà de la jurisprudence tauromachique, l'expérience rieumoise montre que les territorialités taurines sont des processus fragiles car toujours en mouvement. La véritable problématique pour ces acteurs, qui se revendiquent comme « non professionnels», est donc de concevoir une nouvelle forme de territorialité au sein de la géographie taurine. Cette territorialité est avant tout liée à la capacité des aficionados adeptes de la novillada à pouvoir se déplacer. Qu’est-ce que leur territoire ? Pour les plus nomades, il s’agit d’un territoire construit par le mouvement, d’un territoire adapté à la saison taurine, à la temporada, « un territoire de la liturgie taurine »

Concernant l’Observatoire des Cultures taurines, on ne peut que saluer l’initiative d’André Viard d’avoir présidé à sa création. J'attends avec impatience les travaux de celui-ci dans la mesure où le groupe d’études parlementaires sur la tauromachie à l’Assemblée Nationale créé en 2003 est resté stérile en prospections comme en propositions. Je ne doute pas que cette initiative salutaire se traduira par un important travail de pédagogie, d’information et de sensibilisation auprès des pouvoirs publics. Alors reviendra le temps d’un lobbying constructif en direction de la représentation nationale et du Parlement européen, avec comme objectif l’inscription des cultures taurines et des tauromachies européennes au patrimoine mondial de l’humanité.


Voir en ligne :

L'arrêt de la Cour d'appel de Toulouse du 7 avril 2008

Naissance de l'Observatoire National des Cultures Taurines


Revue Sud-Ouest Européen, publication des Presses Universitaires du Mirail

Un chronique de jurisprudence tauromachique signée Jean-Michel Lattes

Le peuple taurin se soulève

dimanche 20 avril 2008

Vive Raguse !


J'ai découvert la ville sublime de Dubrovnik il y a quelques jours. La réputation de la perle de l’Adriatique n’est pas usurpée comme en témoigne la splendeur de l’ancienne Raguse et de son littoral. Le voyageur qui ancre à Dubrovnik est frappé par la sérénité de ses habitants, la douceur de son climat, et, malgré les outrages du temps et de l’histoire, par la richesse de son patrimoine. Les ragusains cultivent un art de vivre méditerranéen dont ils peuvent être fiers : tout est séduction et raffinement. Le port, les remparts, les orangers, les citronniers, les pins, les cyprès, les monastères, la lumière, la cuisine dalmate… Dubrovnik réunit toutes les conditions de l’accueillance.

lundi 7 avril 2008

Villes privées : la réalité dépasserait-elle déjà la fiction ?



Sans doute, si l'on en croit le réalisateur mexicain Rodrigo Pla (voir l’interview qu’il a donnée dans Le Monde du 25 mars 2008, « Cette fiction repose sur une réalité encore plus violente »). Son film, La Zona, propriété privée, est un saisissant polar politique qui a été salué à l’unanimité par la critique (et par une moisson de récompenses : Lion du futur à Venise, Prix de la critique internationale à Toronto). Zone résidentielle de standing, coupée du reste du monde par un mur de béton et protégée par un service de sécurité privé, la zona est une gated community comme il en existe des milliers en Amérique (du Nord ou du Sud). Derrière ce phénomène, s’entrechoquent de nombreuses problématiques* : l’entre-soi, le sentiment d’insécurité, le repli communautaire et identitaire, le ghetto des nantis… Cette enclave sert de cadre au film de Rodrigo Pla, qui prend soin de filmer les frontières et les contrastes socio-spatiaux avec l’extérieur. Le synopsis est simple : trois adolescents des quartiers pauvres pénètrent dans l'enceinte de La Zona, s'introduisent dans l'une des maisons, mais le cambriolage tourne mal. Plutôt que de prévenir les autorités, les résidents décident de se faire justice eux-mêmes. De la violence symbolique à la violence physique, il n’y a qu’un pas et la ligne jaune va être franchie par la communauté de la zona : mensonges, délation, harcèlement moral, abus de pouvoir, corruption, chasse à l’homme et assassinat collectif. L’enchainement de ces événements tragiques est inéluctable, le spectateur se sentant impuissant face à la montée irrésistible de l’horreur fasciste. Si le réalisateur se garde bien – et c’est heureux – de toute simplification manichéenne, il explique aussi que la fiction de La Zona repose sur une réalité encore plus violente que celle qu'il a mise en scène : « J'ai beaucoup d'amis qui ont été kidnappés (le temps d'extorquer une rançon). Ce sont des gens de la classe moyenne, les riches sont à l'abri, ils se déplacent en voiture avec des gardes du corps. Tout cela tient à l'absence de l'Etat et à ses conséquences : la corruption, l'impunité, la violence. » Quant à la bi-nationalité de la production (mexicano-espagnole) qui explique la présence de trois comédiens espagnols, Rodrigo Pla remarque à cet égard : « c'est aussi une réalité : au Mexique, les étrangers s'installent souvent dans des "zonas". En plus - c'est tellement horrible que j'ose à peine le dire -, dans certains secteurs de la société mexicaine, on préfère se marier avec des Européens "pour préserver la race" ». Il faudrait relire Gaston Bachelard : "l’habiter", n'est-il pas "le propre de l’homme?"…

Voir le dossier consacré au Film sur le site d’Allociné

dimanche 6 avril 2008

La tauromachie crée des valeurs universelles et du lien social














Le toro bravo est le seul animal au monde qui est élevé en liberté et qui meurt en combattant. Je devais avoir tout juste 7 ans lorsque j'ai assisté à ma première corrida. Je suis donc rentré en aficion il y a 20 ans! Natif de Nîmes (à 100 mètres de l'amphithéâtre romain), la tauromachie et les cultures taurines font partie de mon éducation, qu'il s'agisse de la corrida espagnole ou de la course camarguaise, pratiquée sur le territoire de la Bouvine. Assister à une corrida n'a jamais altéré l'épanouissement personnel des jeunes, comme certains détracteurs voudraient le faire croire. Au contraire, la tauromachie est une école de la vie, une liturgie authentique qui élève notre sensibilité et qui nous inculque des valeurs fondamentales : engagement, persévérance, solidarité, partage, courage, respect et humilité. C'est aussi un art majeur : "elle donne forme à une matière brute, la charge du taureau", pour reprendre l'expression du philosophe Francis Wolff. C'est enfin une composante de la civilisation méditerranéenne, identité à laquelle je suis profondément attaché.

Reste à défendre l'intégrité du toro bravo et l'éthique du combat, car, à vaincre sans respect, on triomphe sans gloire.


A ceux qui veulent découvrir la signification de la tauromachie, je ne peux que conseiller la lecture de Philosophie de la corrida, par Francis Wolff (Fayard, 2007)