lundi 20 mai 2013

Un rapport commandé par le CNFPT épingle la réforme barrant l'accès des urbanistes diplômés au concours d'ingénieur territorial

Alors que le Ministère de la réforme de l’État, de la décentralisation et de la fonction publique a apporté en mars 2013 une nouvelle réponse à une question parlementaire sur le problème de l’accès des urbanistes diplômés au concours d’ingénieur territorial dans laquelle il précise qu’une « réflexion sera ouverte sur l’évolution des métiers dans la fonction publique et l’adaptation des cadres statutaires », il est utile de se plonger dans le rapport remis en novembre 2011 au CNFPT par le cabinet ARISTAT sur les « Compétences et activités des urbanistes dans les collectivités territoriales ».

Ce rapport, qui n’a pas été rendu public, met pourtant en évidence l’apport indispensable des urbanistes diplômés à l’exercice des missions d’urbanisme au sein des collectivités locales. Il pointe notamment les effets contre-productifs de la fermeture de l’accès à la spécialité « urbanisme, aménagement et paysages » du concours d’ingénieur territorial pour les diplômés en urbanisme : la réforme est vécue au sein des urbanistes exerçant au sein des collectivités locales comme " 
un appauvrissement de la profession".
Les conclusions de ce rapport vont indéniablement dans le même sens que les positions du CNJU et des parlementaires et associations de collectivités locales qui lui ont apporté leur soutien pour demander la réouverture de l’accès au concours.
 

Suite à la parution d’un article dans l’hebdomadaire d’information Urbapress (n°1823/1824, du mercredi 6 février 2013) qui en avait fait mention, le CNJU a pu se procurer le rapport commandé par le Centre national de la fonction publique territoriale (CNFPT) sur les « Compétences et activités des urbanistes dans les collectivités territoriales ».  Le CNJU passe en revue les conclusions et principaux enseignements de ce document inédit. 

> En savoir plus sur le site du CNJU.

dimanche 24 mars 2013

Les jeunes urbanistes de France, force de propositions

Trois années après sa constitution, le Collectif National des Jeunes Urbanistes (CNJU) dynamise le débat sur l'organisation de la profession d'urbaniste et de la maîtrise d'ouvrage publique de l'urbanisme en France. Les jeunes urbanistes de France souhaitent aujourd'hui mettre en débat les 9 propositions de leur Livre Blanc adopté en janvier 2013. 


Des critères pour l'accréditation professionnelle des diplômes en urbanisme

En contact avec les cabinets de Mmes Cécile Duflot, Marylise Lebranchu et Geneviève Fioraso, ministres respectivement chargées de l’urbanisme, de la fonction publique et de l’enseignement supérieur, le CNJU défend en particulier le principe d’une accréditation professionnelle des diplômes en urbanisme et aménagement du territoire à partir des critères développés dans son projet de « Label Diplôme d’urbaniste ». Déjà en vigueur dans plusieurs Etats de l’UE (Allemagne, Royaume-Uni), cette démarche d’accréditation des diplômes s’inscrit dans le cadre d’une reconnaissance mutuelle des qualifications professionnelles des urbanistes à l’échelle européenne, processus mis à l’agenda du Conseil Européen des Urbanistes (ECTP-CEU). Le CNJU appelle de ses vœux la mise en place rapide de cette démarche en France afin que les milliers d’urbanistes professionnels diplômés d’une formation supérieure en urbanisme puissent voir leurs compétences pleinement reconnues en Europe.


L'organisation de la maîtrise d'ouvrage publique: faire le lien entre la compétence institutionnelle de l'urbanisme et les compétences professionnelles des urbanistes 

Associé cet hiver à la concertation organisée sur le projet de loi Urbanisme-Logement porté par Mme Cécile Duflot, Ministre de l’Egalité des territoires et du logement, le CNJU a eu l’occasion de plaider pour une gestion territoriale des ressources humaines au sein du secteur public local dans le domaine de l’urbanisme. Au-delà du problème, non résolu à ce stade, de l’accès des urbanistes diplômés au concours d’ingénieur territorial, cette réflexion devra intégrer la validation des acquis de l’expérience et la formation continue. Plus de 7000 urbanistes exercent aujourd’hui au sein des collectivités locales et des agences d’urbanisme parapubliques : la reconnaissance, la mobilisation et la mise en réseau de ces compétences professionnelles seront demain indispensables pour la définition et la mise en œuvre des politiques locales de l’urbanisme. À la veille d’une nouvelle étape de décentralisation et de réforme de l’action publique, l’enjeu est de taille.

Dans le droit fil des propositions développées dans le cadre de son Livre Blanc, le CNJU insiste sur la nécessité d’articuler les réflexions en cours sur la compétence institutionnelle de l’urbanisme et les compétences professionnelles des urbanistes. Clé de voûte de l’organisation de la maîtrise d’ouvrage de l’urbanisme, le PLU intercommunal aura ainsi de fortes implications dans la mobilisation des ressources humaines et des compétences professionnelles au sein du secteur public local.


Une journée de débats à Lyon le 5 avril pour faire le point sur les formations, les référentiels de compétences et les qualifications 

Pour débattre des propositions de son Livre blanc avec ses adhérents, le CNJU organise le 5 avril 2013 à Lyon une journée d'échanges sur le thème "Profession : urbaniste. Formations, compétences et qualifications". Cette rencontre permettra de faire dialoguer urbanistes professionnels, formateurs et décideurs publics autour des leviers de l’organisation de notre profession. 2 tables rondes sont prévues au programme : 
- La co-production d’un référentiel de compétences des urbanistes au service de la maîtrise d’ouvrage publique des territoires ;
- La formation des urbanistes en Europe : vers une reconnaissance mutuelle des diplômes et des qualifications ; 

Pour en savoir plus : 

mercredi 27 février 2013

Plans locaux d’urbanisme intercommunaux : 200 communautés éclairent le chemin. Une étude de l'AdCF


Le Parlement devrait être amené en 2013 à débattre du transfert de la compétence d’élaboration du Plan local d’urbanisme (PLU) à toutes les communautés de communes et d’agglomération à l’occasion de l’examen du projet de loi de décentralisation. L’une des dispositions de l’avant-projet de loi traduit en effet l’ambition gouvernementale de consacrer l’intercommunalité comme échelle de planification de l’urbanisme. C’est dans ce contexte que l’AdCF publie aujourd’hui son étude « Plans locaux d’urbanisme intercommunaux. Témoignages, enquête et analyse des pratiques communautaires ». Parmi les enseignements majeurs : l'urbanisme intercommunal est une véritable coproduction entre communes.
A travers une nouvelle parution sur ce sujet, l’AdCF apporte sa contribution à ce grand débat lancé avec le rapport Guichard "Vivre Ensemble" qui avait préconisé dès 1976 l’élaboration systématique des documents d’urbanisme à l’échelle intercommunale, dans le sillage des communautés urbaines, compétentes de par la loi depuis leur création en 1966.

Avec cette étude*, l'AdCF propose une analyse des pratiques des 200 communautés aujourd’hui compétentes dans ce domaine. Elle dresse à travers cet état des lieux un constat des enjeux de gouvernance que revêt le partage entre communes de cette compétence symbolique, identifie les freins au transfert mais aussi les leviers pour le préparer. C’est en effet une conviction désormais ancienne des instances nationales de l’AdCF de donner, par ce transfert aux communautés, un sens nouveau à la planification urbaine au regard des profondes évolutions qui ont marqué nos territoires ces dernières décennies. L’AdCF a en effet engagé dès 2006 un programme d’étude et d’observation sur ce sujet.

Rappelons aussi que, depuis, la loi « Grenelle 2 » du 12 juillet 2010, a fait du PLU intercommunal (PLUi) une règle de principe, inscrite dans le code de l’urbanisme. Trois ans après le Grenelle de l’Environnement qui a donc « sorti de l’ombre » le PLU intercommunal, le Parlement devrait être amené à débattre cette fois-ci d’une évolution du code général des collectivités territoriales pour faire du PLU un élément obligatoire de la compétence "aménagement de l’espace" des communautés de communes et d'agglomération.

De très nombreux débats se sont engagés spontanément dans des territoires ces dernières années. A l’instar de la FNAU et de nombreux urbanistes, l’AdCF en est convaincue depuis longtemps : c’est le bon niveau d’exercice de la compétence institutionnelle qui permettra d’organiser la maîtrise d’ouvrage publique de l’urbanisme autour de véritables compétences professionnelles.

De nombreux acteurs institutionnels et plusieurs fédérations nationales (promoteurs, aménageurs privés, ONG de protection de l’environnement, bailleurs…) appellent également de leurs vœux cette évolution. L’AdCF milite pour une élaboration intercommunale du PLU dans une logique de coproduction et de coresponsabilité entre communes. Elle sera attentive à toute évolution du code de l’urbanisme qui viendrait contrarier cette logique du "faire ensemble" dont l’étude souligne qu’elle est le socle de toute démarche intercommunale réussie.


* Coordination éditoriale : Philippe Schmit – AdCF 
Enquête et rédaction : Marie Molino et Camille Allé, diplômées du Master Stratégies territoriales et urbaines de Sciences Po Paris


> Source : http://www.adcf.org/5-327-Contenu-article.php?num_article=1431&num_thematique=12#.UServusCgVg.twitter
> Télécharger l'étude : http://www.adcf.org/files/Etude-PLUi-web-2013.pdf

mercredi 13 février 2013

Les jeunes urbanistes de France font 9 propositions pour renforcer l’organisation de la profession



Communiqué / Information presse, le 12 février 2013

Le Collectif National des Jeunes Urbanistes (CNJU) a transmis au Gouvernement son Livre Blanc pour organiser la profession d’urbaniste en France. Adopté par son conseil d’administration en janvier 2013, ce document formule 9 propositions visant à :


  • Renforcer la cohérence et la visibilité des formations supérieures en urbanisme ;
  • Fédérer les 20 000 urbanistes de France ;
  • Organiser la maîtrise d’ouvrage publique de l’urbanisme.


Ces trois leviers majeurs nécessitent des coopérations renforcées entre les formateurs des Instituts d’urbanisme de l’enseignement supérieur, l’Office Professionnel de Qualification des Urbanistes (OPQU) et les collectivités territoriales compétentes en urbanisme (communes et intercommunalités).

En contact avec les cabinets de Mmes Cécile Duflot, Marylise Lebranchu et Geneviève Fioraso, ministres respectivement chargées de l’urbanisme, de la fonction publique et de l’enseignement supérieur, le CNJU défend en particulier le principe d’une accréditation professionnelle des diplômes en urbanisme et aménagement du territoire à partir des critères développés dans son projet de "Label Diplôme d’urbaniste". Déjà en vigueur dans plusieurs Etats de l’UE (Allemagne, Royaume-Uni), cette démarche d’accréditation des diplômes s’inscrit dans le cadre d’une reconnaissance mutuelle des qualifications professionnelles des urbanistes à l’échelle européenne, processus mis à l’agenda du Conseil Européen des Urbanistes (ECTP-CEU)*. Le CNJU appelle de ses vœux la mise en place rapide de cette démarche en France afin que les milliers d’urbanistes professionnels diplômés d’une formation supérieure en urbanisme puissent voir leurs compétences pleinement reconnues en Europe.

Associé à la concertation organisée sur le projet de loi Urbanisme-Logement porté par Mme Cécile Duflot, Ministre de l'Egalité des territoires et du logement, le CNJU a eu l’occasion de plaider pour une gestion territoriale des ressources humaines au sein du secteur public local dans le domaine de l’urbanisme. Au-delà du problème, non résolu à ce stade, de l’accès des urbanistes diplômés au concours d’ingénieur territorial, cette réflexion devra intégrer la validation des acquis de l’expérience et la formation continue. Plus de 7000 urbanistes exercent aujourd’hui au sein des collectivités locales et des agences d’urbanisme parapubliques : la reconnaissance, la mobilisation et la mise en réseau de ces compétences professionnelles seront demain indispensables pour la définition et la mise en œuvre des politiques locales de l’urbanisme. À la veille d’une nouvelle étape de décentralisation et de réforme de l’action publique, l’enjeu est de taille.


> Retrouver le Livre Blanc du CNJU sur son site Internet



(Source : CNJU)



dimanche 3 février 2013

2013 : année décisive pour le réseau de l'Institut d'Urbanisme de Paris


2013 sera une année décisive pour l’avenir de l’Institut d’Urbanisme de Paris et de son réseau de diplômés. En septembre prochain, l’Institut d’Urbanisme de Paris emménagera aux côtés de l’Institut Français d’Urbanisme (IFU) sur le campus de la Cité Descartes de l’Université Paris Est à Marne-la-Vallée. Ce rapprochement physique des deux Instituts, dans des locaux communs, doit déboucher, à court terme, sur la constitution de l’Ecole d’Urbanisme de Paris, projet pour lequel Urba+ a déjà eu l’occasion de prendre position en 2012 (ici).

Mais rien n’est joué et le chantier est considérable : l’offre de formation initiale et continue ainsi que la stratégie d’animation du réseau de diplômés de la future Ecole d'Urbanisme de Paris restent à définir. Pour amorcer les réflexions dans ces domaines, Urba+ a conduit une enquête cet automne en liaison avec Daniel Béhar sur le recensement des besoins des diplômés de l’IUP en matière de formation continue. N'oublions pas non plus les atouts dont nous disposons déjà comme l'annuaire des diplômés de l'Institut d'Urbanisme de Paris (http://www.paris-iup.net) qui regroupe plus de 1800 professionnels sur les 3000 anciens élèves de l'IUP en activité.

Réunie le 19 décembre 2012, l’Assemblée générale des adhérents de notre association a souhaité qu’Urba+ soit force de propositions dans la construction du projet d’Ecole d’Urbanisme de Paris.
Il est également possible de contribuer au débat sur l'Ecole d'Urbanisme de Paris sur les réseaux sociaux  dans le cadre des groupes dédiés : 



L’Assemblée générale d’Urba+ a également procédé à l’élection d’un nouveau Bureau exécutif que j’ai l’honneur d’animer (voir la composition détaillée ici).

mardi 4 décembre 2012

Les actions du CNJU en faveur de l'insertion professionnelle des urbanistes diplômés

Depuis sa création en 2010, le Collectif National des Jeunes Urbanistes (CNJU) en a fait un cheval de bataille et l'a inscrit en toutes lettres dans ses statuts : la construction d’un dispositif national d’observation et de veille stratégique sur les débouchés professionnels et le fonctionnement du marché de l’emploi dans le champ de l’urbanisme. C'est ce à quoi nous attelons au sein de la commission "Formations et insertion professionnelle" du CNJU dont je suis membre.

Quelques réalisations concrètes depuis 2010 :
  • Le recensement national des diplômes de niveau Bac +5/6 en urbanisme et aménagement du territoire. Dans le cadre de ses activités, la commission Formations et insertion professionnelle réalise un travail de veille sur l’offre de formation en urbanisme et aménagement du territoire. La commission tient à jour le recensement exhaustif des diplômes supérieurs de niveau Bac+5/6 en urbanisme et aménagement délivrés en France. Le CNJU a ainsi répertorié quelques 140 spécialités de Master (ou diplômes équivalents de niveau Bac+/6) dans le domaine. Cette liste a été communiquée en septembre dernier aux conseillers de la Ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Geneviève Fioraso. La Ministre a d'ailleurs récemment souligné lors des Assises pour l'enseignement supérieur et de la recherche l'effort de lisibilité qui devrait être mené prochainement en vue de la prochaine vague d'habilitation des Masters en 2013. Il y a donc du boulot !
  • La définition d'un projet de Label « Diplôme d’urbaniste ». Face à tel foisonnement de l'offre de formation, le CNJU plaide pour une meilleure visibilité et lisibilité des diplômes formant à l'urbanisme.
    Dans le cadre des travaux de la commission Formations et insertion professionnelle, le CNJU a ainsi initié un projet de labellisation des diplômes supérieurs en urbanisme de niveau Bac+5/6. Intitulé « Diplôme d’urbaniste », ce label qualité gagnerait, selon le CNJU, à être attribué par l’Office professionnel de qualification des urbanistes (OPQU). Pour le CNJU, l'obtention de ce label permettrait aussi de mieux préciser la liste des diplômes permettant d'accéder au bout de 2 années d'exercice professionnel à la qualification de l'OPQU. Au CNJU, nous croyons que c'est une première étape vers une coproduction de la démarche de qualification avec les formateurs (Instituts d'urbanisme en tête) comme cela est le cas dans d'autres pays : Aux Etats-Unis, le Planning accreditation board labellise les Bachelor, Master et Doctorat en Urbanisme. Idem au Royaume Uni, où le Royal Town Planning Institute Au Royaume-Uni (RTPI) accrédite les diplômes en urbanisme. Outre Manche, les urbanistes qualifiés doivent ainsi impérativement être titulaires d'un diplôme d'urbaniste accrédité. Là bas, l'organisation professionnelle des urbanistes se construit autour de ses organes de formation. Un exemple à suivre pour la France. La commission Formations et insertion professionnelle du CNJU pilote ce dossier (complexe) depuis 2011. J'en suis personnellement chargé dans le cadre d'une délégation opérationnelle que le Conseil d’administration m'a confiée au début de l'été 2012. Nous sommes engagés dans un énorme travail de conviction et devons souvent faire face à la frilosité de certains acteurs pour qui rien ne doit bouger... Mais savent-ils seulement que le statu quo n'est plus tenable?
> Pour en savoir plus, retrouver l'ensemble des travaux de la commission Formations et insertion professionnelle du CNJU : http://www.jeunes-urbanistes.fr/?page_id=378

lundi 26 novembre 2012

Pour des solutions logistiques de proximité


Avec les réorganisations successives de l’opérateur historique et son désengagement du wagon isolé, le fret ferroviaire a encore vu sa part modale reculer : de 14 % à 10 %, entre le vote de la loi Grenelle 1 en 2009 et 2011. Sommes-nous condamnés à contempler le déclin du fret ferroviaire français ? Non, assure le président de l’association Objectif OFP, Jacques Chauvineau pour qui  « il faut oser remettre à plat un modèle centralisé, fondé sur la dominance passée des flux lourds » (Objectif OFP, Lettre d'information, n°6, novembre 2012).

Non, l’effondrement du fret ferroviaire français n’est pas inéluctable. Il résulte justement du désengagement de l’opérateur dominant du marché des envois par lots de wagons, le « wagon isolé », pourtant à forte valeur ajoutée pour les industriels. Mais « cette appellation ferroviaire générique, plus technique que commerciale, englobe tous les envois non traités par train entier mono-client. Elle occulte la grande diversité des marchés et des opportunités que l’économie du développement durable ouvre au rail », observe l’association.

Car « des idées cheminent, accompagnées d’actions, qui commencent à refonder le rail sur des approches territoriales décentralisées et diversifiées. Des coopérations interterritoriales se font jour. Des acteurs nouveaux, étrangers au ferroviaire « historique », entrent en scène, porteurs de manière de voir nouvelles, dérangeantes. »

Les opérateurs ferroviaires de proximité (OFP) proposent ainsi des services de transport dans des territoires de trafic peu dense et dans les ports. « Des entrepreneurs locaux ont osé créer des PME ferroviaires, territoriales, indépendantes, et font circuler des trains! », ironisait l'an passé Jacques Chauvineau, président d’Objectif OFP, auteur, dès 2006, d’un rapport de mission sur la mise en place de ces opérateurs ferroviaires de proximité que nous avions évoqué en 2008 dans les colonnes de ce blog.

Pour Objectif OFP, « le fret ferroviaire n’est pas en chute de la demande mais en déficit d’offre. Les attentes nouvelles du marché l’emportent sur la crise. Encore faut-il que l’offre soit conçue en partant des territoires (…) 50 % des charges du rail se cachent dans les séquences terminales. C’est là que se « joue le pacte de productivité du rail », dont on parle tant, adossé à une présence commerciale et une adaptabilité territoriales nouvelles. Le rail français traditionnel a tout intérêt au foisonnement de ces initiatives locales, qui élargissent le marché en partenariat avec les chargeurs.»

Alors que, dans certains pays, notamment l'Allemagne, ces opérateurs ferroviaires de proximité drainent jusqu’à 25 % du tonnage transporté, en France, la poussée est encore timide. Pyrénées-Orientales, Morvan, Auvergne, La Rochelle sont les quatre premiers territoires à avoir initié un OFP en 2010.

Plus récemment, l’opérateur Bourgogne Rail Service est né de la volonté d’une entreprise ferroviaire, Europorte (groupe Eurotunnel), et d’un client-partenaire, l’union de coopératives céréalières Cérévia, d’explorer finement les besoins de transport au sein du territoire régional et de proposer des solutions ferroviaires de proximité adaptées. L’objectif de l’opérateur est de prospecter de nouveaux clients et de nouvelles filières, comme le bois, les granulats ou la sidérurgie, que les réformes du wagon isolé ont laissés sur le côté, dans la région.

Bien évidemment, la desserte ferroviaire terminale de nos zones d’activités industrielles suppose un intérêt de la part des collectivités territoriales pour préserver l’accessibilité ferroviaire de leur territoire et des sites potentiellement clients du transport ferroviaire. Une démarche qui implique du volontarisme, compte tenu que bon nombre d'installations terminales embranchées (ITE) ont été « délaissées » par le passé... par "l’opérateur historique".


Sources :
- Objectif OFP, Lettre d’information n°6, novembre 2012 : http://www.objectif-ofp.org/fichiers/20121124215404_Lettre_Objectif_OFP_no_6__nov_2012.pdf
- Olivier Crépin : « Pour des solutions logistiques de proximité », in Intercommunalités, n°157, juin 2011, pages 4 et 5 : http://www.adcf.org/files/MAG-INTERCO/ADCF-interco157-BAT2.pdf
- Objectif OFP, Contribution de l’association à la table ronde « Lever les freins au développement du fret ferroviaire », Ministère des Transports et du développement durable, 31 mai 2011